Article de Candice Vacle

Paru dans la revue mensuelle suisse « Rectoverseau » en novembre 2009 (n° 209)

 

La thérapie manuelle douce méthode Poyet

 

La thérapie manuelle méthode Poyet, inventée par Maurice Poyet, est une méthode douce issue de l’ostéopathie et de l’énergétique chinoise. L’originalité de cette méthode est l’extrême douceur de sa technique. Il n’y a pas de manipulation. Le thérapeute ne fait pas « craquer » les articulations. Maurice Poyet soulignait que sa méthode nécessite 4 années d'études.

La biographie de Maurice-Raymond Poyet

Né en 1928, Maurice-Raymond Poyet passe son enfance à Cusset, dans la banlieue de Vichy. A 17 ans, trichant sur son âge, il s'engage dans l'armée de terre pour partir au combat en Indochine. Muté à l'infirmerie, il découvre avec un vietnamien quelques rudiments de médecine énergétique chinoise.

En 1950, de retour en France, il trouve un poste d'infirmier puis obtient le titre de masseur-kinésithérapeute.

En 1975, la première école d'ostéopathie française voit le jour. C'est là que M. Poyet se forme aux techniques ostéopathiques de l'époque. Dans le même temps, auprès d'André Brunel (personnage clef de l'ostéopathie et de l'acupuncture en France), il se forme à l'acupuncture.

Après ces études, il ouvre un nouveau cabinet pour pratiquer la kinésithérapie et l'ostéopathie. A ce moment là, outre ce qu'il a appris, il a déjà une main de grande qualité et surtout une approche intuitivement très douce. 

En 1983, M. Poyet enseigne à la « Fédération André Brunel ». La même année A. Brunel va venir travailler dans son cabinet comme acupuncteur. A. Brunel et M. Poyet commencent à partager leurs connaissances et leurs expériences.

Le cabinet et l'école de M. Poyet prennent de l'essor. Il développe régulièrement de nouveaux outils.
Le décès prématuré de son fils (vers 1988) le plonge dans une souffrance dont il se protége par un surcroît de travail, au détriment de sa santé.

Le 28 octobre 1996 Maurice Poyet s'éteint.

La méthode

Cette technique se base sur le mouvement respiratoire primaire (MRP) découvert par W. G. Sutherland. C'est un micro-mouvement des os et des organes. En effet, chaque pièce osseuse, subit un mouvement, dans une phase inspiratoire, qui va l'entraîner dans une direction bien précise, avec une fréquence et une amplitude déterminée. Dans la phase expiratoire, chaque pièce osseuse subit un mouvement qui l'entraîne dans le sens inverse. C'est une respiration de l'ensemble des tissus du corps humain. L'hypothèse la plus communément admise est que ce MRP aurait pour origine les fluctuations du liquide céphalo-rachidien. Ce mouvement se transmettrait du crâne jusqu'au sacrum par l'intermédiaire de la dure mère. Puis, il se transmettrait au reste du corps par l'intermédiaire notamment des fascias.

Dans un premier temps, il y a un travail crânio-sacral où le thérapeute  examine le crâne, puis il corrige à distance sur des « points de chaines » situés au niveau du sacrum. Ces « points de chaines » sont une grande découverte de M. Poyet. En effet, chaque « point de chaine » est en relation avec un os du crâne, trois vertèbres, un ou plusieurs organes et des os périphériques. Par exemple, la chaine temporale est en relation avec l'os temporal, les vertèbres C6, D7, L3, la vessie, les ovaires et l'utérus et le pubis.

Ainsi la correction de ces « points de chaines » a une action globale sur le corps humain.

Dans un second temps, il y a un travail local pouvant se situer au niveau d’une articulation, ou d’un organe. Si par exemple une personne a une douleur à l''épaule, il sera nécessaire d'examiner et de corriger le bassin si nécessaire, la colonne vertébrale et la ceinture scapulaire.

La correction est une invitation digitale dans laquelle le thérapeute lance une «impulsion» dans une direction bien précise. Cette invitation digitale est une information qui va permettre à la structure de se manipuler elle-même.

Une autre grande découverte de Maurice Poyet a été la mise en lumière de différents points énergétiques appelés « fusibles ». Comme leurs noms l'indiquent, ils ont une activité de fusible. En effet, si ces points cessent de fonctionner, cette situation engendre de nombreux désordres dans le corps humain. On dit que le sujet est « disjoncté ». Ces « fusibles » sont examinés et corrigés si nécessaire, en début et en fin de traitement. Ainsi le thérapeute peut vérifier en fin de séance la validité de son intervention. C'est une sécurité.

Le thérapeute fait aussi une détente des fascias et des muscles.

Ce traitement prend, donc, en compte la globalité de la personne.

Le thérapeute cherche l’origine d’une douleur. Par exemple, si une personne a mal au genou, il s’agit de comprendre d’où vient la douleur. Vient-elle d’un problème local au genou ou bien est-ce par exemple une douleur d’adaptation suite à un problème de bassin ou de pied ?

L'objectif d'un traitement est de corriger l'aspect positionnelle des pièces osseuses concernées pour restituer la respiration tissulaire physiologique. Ceci pour que la douleur disparaisse.

Les indications principales sont les problèmes de dos (lombalgie, etc.), les douleurs articulaires et musculaires (tendinite, entorse, etc.), les douleur d’un nerf (sciatique, névralgie cervico-brachiale, etc.), les céphalées, migraines, vertiges, etc.

Le temps de consultation est d'une heure environ. Mais ceci peut varier suivant la complexité du problème, et la sensibilité de la personne. Parfois un seul traitement est suffisant. Parfois il est nécesaire de faire un suivi sur plusieures séances. Chaque personne est unique et nécessite une prise en charge personnalisée.

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